​J'ai une terrible confession à faire.

Les deux dernières années, je n'avais pas de service de télévision par câble. Voilà.  C'est dit. Et franchement, c'est un soulagement que de l'avouer. Je n'avais pas le câble. Pour quelqu'un qui exploite une entreprise qui dessert de nombreux clients qui gravitent autour de la publicité télévisée ça semblait un peu paradoxal. Cependant, comme vous le devinez sans doute parce que a) je l'avoue, et b) j'utilise le passé, ce n'est plus le cas. Je suis un rebranché. Eh oui. Je me suis réabonné et je paie à présent sans rechigner pour un service de câblodistribution. C'est pour cela que j'ai cru bon de partager avec vous certaines des raisons qui m'ont poussé à me débrancher, puis à me rebrancher.

 

Les étapes de la vie y sont pour beaucoup

J'ai annulé mon abonnement au service de câblodistribution, car j'avais deux jeunes enfants et j'étais épuisé en permanence. Ce n'était pas en raison de la publicité, du ciblage ou de la qualité du contenu. Ce n'était même pas vraiment en raison du coût. C'était parce que je me couchais à 21 h 30 (les bons soirs) ou 22 h et je n'avais tout simplement pas le temps de regarder quoi que ce soit.

Mes enfants sont maintenant plus âgés, et je ne me couche plus à l'heure des CLSC. C'est simple et pourtant, la plupart du temps, notre industrie ne tient pas compte des étapes de la vie comme facteur décisionnel pour les consommateurs. Ça ne cadre pas dans nos catégories de ciblage bien définies, et c'est probablement pourquoi nous ne semblons pas en tenir compte. Pourtant, dans la vraie vie, les étapes de la vie y sont pour beaucoup.

 

La télévision est le reflet de la communauté

Habituellement, si je voulais regarder quelque chose, je me branchais à Netflix plutôt que de regarder la télévision. C'est un excellent produit, mais un produit transnational qui n'a aucun véritable lien avec un pays, une ville ou une communauté en particulier. On n'y présente pas de sports ni d'actualités locales, rien en fait qui a trait à l'endroit où je vis. Dans les faits, transnational signifie américain. Et j'ai choisi de vivre au Canada, pas aux États-Unis. Je veux que mes enfants grandissent en voyant le reflet du pays et de la ville où ils vivent pour y développer des racines. Netflix ne les reflète pas, et c'est intentionnel. En fait, Netflix se présente de plus en plus comme une entreprise internationale. Ce qui est correct, mais vous ne pouvez pas développer des racines partout sur la planète lorsque vous n'en habitez qu'un petit coin. Je voulais que mes garçons et moi ayons des racines, même si cela signifie de regarder des matchs des Maple Leafs.

 

Un contenu intéressant que vous n'avez pas à choisir

Parfois, vous voulez simplement regarder quelque chose. Vous ne voulez pas écouter un drame norvégien primé à propos de policiers anxieux ou un documentaire exigeant à propos des horreurs de la chaîne alimentaire. Vous voulez seulement vous détendre et vous divertir. Les médias non linéaires comme Netflix vous rendent plus conscient de vos choix, car vous devez choisir ce que vous regardez. La télévision est merveilleuse, en partie parce qu'elle propose non seulement d'excellentes émissions qui méritent d'être vues, mais aussi du pur divertissement. Et surtout, c'est un contenu que vous n'avez pas à choisir, il est là.

 

Téléphonie résidentielle ou télévision? Plus besoin de choisir.

Même si le coût n'était pas la raison première pour laquelle j'ai annulé mon service de télévision par câble, ce fut certainement un facteur pris en compte dans la décision de me réabonner. En effet, le nouveau fournisseur m'offrait la télévision, Internet et la ligne résidentielle pour moins cher que ce que je payais auparavant pour la téléphonie résidentielle et Internet. Pour nous, et j'imagine, pour bien d'autres ménages, le maillon faible du forfait n'est pas la télévision, mais le téléphone résidentiel.

 

Et alors?

Pourquoi vous ai-je fait part de tout cela? Parce qu'aucune de mes raisons de me désabonner, puis de me réabonner n'a à voir avec les raisons habituellement mentionnées dans la presse spécialisée. Elles ne s'inscrivent pas dans le paradigme télévision versus numérique et, en fait, elles ne concernent pas vraiment la télévision en soi. Elles concernent plutôt des facteurs externes au monde des médias. Et pour moi, c'est probablement la véritable leçon à tirer de ce témoignage.  Nous aimons penser que les consommateurs font des choix rationnels selon les paramètres que nous connaissons bien. En réalité, c'est habituellement à la fois plus compliqué et plus simple que cela. Parfois, c'est tout simplement parce que quelqu'un est trop fatigué pour regarder la télévision. 

Voici d'autres blogs qui pourraient vous intéresser :​​​​

Télé et radio programmatique - La fin et les moyens ​

Célébrons nos 10 ans!​​

​Les logiciels analytiques radio de demain​​​